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 Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus

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Dr. Cumulus
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MessageSujet: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Dim 4 Déc - 2:04

Voici la suite de ma fanfic :
Un baroud d’honneur ?
Une dix minutes plus tôt, en centre-ville d’Haven

Le Commandant Baroud Kelp, un elfe dans la force de l’âge, au regard d’améthyste et au langage corporel plus figé que les poils de Diggums une fois coupés, poireautait, assis dans un agréable fauteuil d’osier, à la terrasse d’un bistro huppé de la Crystal Street. Holly avait une demi-heure de retard ! Il allait bientôt devoir commander seul pour avoir une chance de finir de manger avant de reprendre le service. Il venait seulement de se faire servir une poêlée de pousses de bambou à la châtaigne quand l’éclairage central fit place aux lueurs orangées et les barrières d’isolement se fermèrent.
Hum. Ca ne sentait pas bon. Et ce n’était ni de son plat, ni du groupe de nains touristes qui venait de passer qu’il parlait.
Scrutant les alentours, de l’œil exercé de ces hommes d’armes entrainés à outrance, son sixième sens focalisa son regard sur un gnôme, à cent mètres au bas mot, marchant à grands pas au centre de l’immense rue piétonne. Suivi d’une demi-douzaine d’acolytes, apparemment. Lesquels convergeaient vers lui avec une détermination qui ne laissait pas place au doute. Renversant la table et se jetant à couvert, il entendit des éclats de voix, suivis par quelques coups de feu à neutrinos d’une teinte franchement rouge qui touchèrent respectivement l’enseigne du restaurant, une chaise à moins d’un mètre de lui puis son béret. Un seul être féérique a sa connaissance était capable d’un tel tir de précision à l’aide d’une simple arme de poing … un seul encore en vie et en liberté, tout du moins. À savoir Lumbart Mirscant, le célèbre as de la gâchette.
Mirscant était connu dans le milieu pour combiner trois choses qui expliquaient sa si brillante réussite : un talent énorme, qui avait pris racine dans un entrainement quotidien, un code moral strict, qui le maintenait juridiquement sur le fil du rasoir, et une fortune familiale lui assurant assez d’argent pour engager la moitié des avocats du Peuple. La meilleure moitié. Ces attributs faisaient de lui une sorte d’outlaw jouant au cow-boy en ville quand l’envie lui prenait, au mépris des lois et de leurs représentants. Cependant, récemment, à la stupéfaction générale, ce porte-flingues notoire s’était mis à militer pacifiquement avec une Organisation Non-Consulaire appelée l’InterRaciale, un groupe de doux rêveurs qui voulaient rendre au Peuple sa vie à la surface. Ce après quoi plus personne ne parla de lui, unanimement considéré comme rangé dans le milieu. Mais manifestement, Mirscant n’avait pas fait une croix sur ses mauvaises habitudes, et avait fait école ...
Pour Baroud, il n’y avait plus une minute à perdre : d’une roulade audacieuse, il se replia de son couvert en faveur d’une position plus stratégique, à savoir la porte à double battants des cuisines, qu’il ouvrit à la volée. Juste devant lui, un cuisiner était en train d’hacher des oignons, sur une massive table d’acier chromée. Au dehors, un tonitruant « Je cherche le Commandant Kelp ! Rendez-vous et il ne sera fait aucun mal aux civils » retenti. Zut. Une prise d’otages.
Ejectant le pauvre hère d’une bourrade, Baroud renversa le plan de travail. Magnifique. Il leur faudrait au moins un missile pour …
En cet instant, Baroud eut un flash, un déjà vu : barricadé dans un bâtiment, en plein état de siège, un grand militaire arborant fièrement un insigne en forme de gland doré ; une explosion retentit, dans son souvenir ou dans la réalité ? Les deux peut-être … L’écho d’un sentiment pur et noble lui revint à l’esprit. Sa poitrine se gonflant à intervalles réguliers et le regard apaisé, il savait ce qu’il lui restait à faire. Même si son sang chaud lui soufflait de massacrer ses opposants, quitte à mourir pour ce faire, il se souvint que des causes plus nobles pouvaient être défendus par un seul homme, tant qu’il échangeait son arme contre des mots justes. Empoignant une nappe et la déchirant pour obtenir un rectangle grossier de tissu … blanc. Il sorti de son couvert, son précieux Neutrino modifié pincé par son long canon, entre le pouce et l’index de sa main droite, agitant l’étoffe de l’autre, et marcha calmement vers ses ravisseurs. C’était sans doute du suicide. Mais on est baroudeur ou on ne l’est pas.
Ce ne fut pas sans une certaine stupéfaction que Mirscant vit la légende vivante des Forces Armées de Régulation, le Commandant Kelp, sortir, un drapeau blanc à la main et les larmes aux yeux, signifiant sa reddition.
Intérieurement, Baroud bouillait littéralement, piquant un FARd digne de feu le Commandant Julius Root, tandis que les vapeurs âcres des oignons lui arrachait quelques larmes. Ravalant son orgueil, il marchait sereinement vers les adversaires. Pourvu que cela ne s’ébruite pas trop ! Mais c’est en croisant le regard de quelques clients, terrorisés par la prise d’otages, qu’il sût qu’il avait été malgré tout à la hauteur : il y lût une admiration sans bornes, qui lui redonna contenance.
- « J’ai l’intention de négocier avec vous. Ne tirez pas »
Le gnôme s’avança, la main tendue pour récupérer son arme, qu’il glissa négligemment à sa ceinture.
- « Cela tombe bien : les bonhommes de boue avaient justement l’intention de s’entretenir un peu avec vous … »
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Dr. Cumulus
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Mer 4 Jan - 18:42

Je suis à la fois surpris et inquiet de voir que ce post est resté globalement ignoré de tous : l'intrigue de la section RP, vue par les protagonistes du roman, ne vous intéresse donc-t-elle pas ?
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R.Fas
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Mer 4 Jan - 19:09

Bien sur que ça nous intéresse seulement je n'ai personnellement pas de remarque à faire. Seulement un grand bravo pour cette histoire écrite dans un style magnifique.
Avec un scénario pareil ça promet vraiment. et désolée de ne pas avoir commenter, je sais que ça fait toujours plaisir un bravo.
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Louise-chan
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Jeu 5 Jan - 0:45

R.Fas a dit exactement le fond de ma pensée. Mais c'est vrai, j'aurai du dire un petit truc, mille excuses! J'aime beaucoup ton style, et ce jeu de mot m'a tué... "Il piqua un FARd"... xD
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Papat
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Lun 16 Jan - 11:49

tout simplement magnifique !
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Smarty
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Lun 16 Jan - 19:13

Je m'excuse, je ne passe pas souvent dans cette section du forum, aussi ai-je raté ce chef-d'œuvre. Mon erreur étant maintenant corrigée, je pense que je peux t'adresser mes compliments, Cumulus. Bien joué.
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Dr. Cumulus
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Lun 16 Jan - 21:01

Merci, merci ; et alors ? Pas de spéculations ? Vous avez des éléments disparates, rien ne vous empêche d'en discuter hors RP ! J'ai semé des indices partout, certains plus évidents que d'autres, mais je ne publierais la suite que quand vous serrez sur la voie ... suite qu'il faut que je rédige, d'ailleurs.
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Hestianne
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Lun 16 Jan - 22:16

J'en vois pleins, mais RP parlant je ne peux les connaître, aussi ne les relèverais je pas, car mon perso ne peut être influencé d'une manière aussi ridicule qu'un manque de patience de ma part.

Très beau texte, joli jeu de mot, joli nom pour le méchant, joli nom pour l'organisation, belle idée de collaboration avec les humains... Bon texte. Rien à dire, toujours en finesse cher Cumulus
*te tire son chapeau*
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mattluffy
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Mar 17 Jan - 19:48

Tu est vraiment trop fort, tu as un style excellent, on dirait que tu est écrivain de métier, vraiment génial!! Smile
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Smarty
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Mar 17 Jan - 20:08

...Je crois que je vais déprimer...

BON! Pas de panique, j'imagine que c'est une question de pratique. Oui, c'est sûrement ça. Rien d'insurmontable. J'y arriverai. Avec un peu de chance.

Que signifie exactement écrivain de métier? Ça veut dire qu'on a déjà écrit des livres? À ma connaissance, il n'y a aucun diplôme d'écrivain. Pourrais-je me considérer, ainsi que toute la PAF, comme un écrivain de métier? Bonne question.

Ouais, d'accord, j'imagine que je serai déjà un peu plus écrivain si je postais régulièrement...

Désolée, je raconte ma vie... Je ferais mieux de finir mon DM de maths.

...J'ai une soudaine envie d'écrire la suite de Volte-face (et de changer le titre, par la même occasion)
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néocortex
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Mar 17 Jan - 21:19

epic
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Dr. Cumulus
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MessageSujet: Chapitre 3 : Que la lumière soit ! Et Artémis fut.   Jeu 9 Fév - 2:41

Et la suite tant attendue de ma FanFiction ... bonne lecture !

Que la lumière soit ! Et Artémis fut.
A cet instant précis, un certain centaure, génial mais au bord de la crise de nerfs, faisant courir ses doigts sur le clavier virtuel de son téléphone portable, briefait le Grand Conseil sur la crise qui leur tombait dessus à l’improviste. Quelle guigne de devoir passer par le réseau téléphonique sans fil pour une telle tâche ! Enfin, tant que les infrastructures Wi-Fi seraient privées de courant, c’est ce à quoi il serait réduit. Heureusement que la technologie de téléphones portables de son invention, conçus pour fonctionner sans réseau en faisant office de talkie-walkie entre eux, restaient actifs ! Une voix de fausset répondit à la troisième tonalité.

- Allo ?! Qui est à l’appareil ?

- Conseiller Lope ? Passez-moi le Chancelier Cahartez ! Ici Foaly, l’Administrateur Principal. J’ai des nouvelles plus que préoccupantes pour vous.

- Foaly ?! C’est vous le responsable de toute cette pagaille ? Je vous veux immédiatement dans mon bureau. C’est un ordre.

- Eh bien, Chancelier, c’est un peu compliqué, et je doute qu’il nous reste assez de temps pour polémiquer à trouver des responsables, mais je crois qu’Artémis Fowl nous a … encore pigeonné. Il a donné à ses médecins un dossier informatique contenant soi-disant son « journal intime », qu’il se trouve que … j’ai … qu’on m’a transmis pour expertise. (En disant cela, Foaly frappa le sol du sabot. Réflexe compulsif, sous le stress du mensonge et du bluff). Or le dossier, sans doute à cause d’une fuite, s’est retrouvé sur Internet, et y a activé un puissant virus, qui a pris le contrôle de presque tout dans Haven ; il a encore utilisé le Cube C, qui la dernière fois nous avait juste démasqué. Cette fois ci, je crains qu’il ne soit derrière son écran, et télécommande notre ville avec. Il a coupé les centrales et a encore fait déclarer l’isolement. Mais ce n’est pas tout : j’ai de bonnes raisons de croire qu’il n’est pas seul. Le major Short, chargée de le transférer vers la Clinique d’Argon, ne réponds plus. Elle aura encore été faite prisonnière. Si elle ne nous développe pas un syndrome de Stockolm, avec ça ! Hum, je m’égare. Bref, c’est la cata.

- Cet appareil, comment a-t-il bien pu le récupérer ? Je le croyais détruit !

- Pas exactement. Pendant la perquisition de son manoir, nous l’avons emporté, avec toutes les preuves de notre existence, et l’avions … mis en sécurité. Pour étude. (nouveau coup de sabot : en réalité, Foaly l’avait gardé pour s’amuser à essayer de le décoder, comme un casse-tête. Chez lui.)

- Et comment on résous la situation, maintenant ? A votre avis d’expert ?! Root et Vinyaya sont morts. C’étaient eux qui occupaient le poste de Conseiller Stratégique et de Commandant des FARs. Nous sommes des décideurs politiques, pas des généraux ! D’ailleurs, qu’est-ce que fout Kelp ?!

- Je pensais que vous le sauriez ! C’est vous qu’il aurait appelé en premier, bien sûr … à moins bien sûr qu’on l’en aie empêché. Ça sent le plan d’élimination de la hiérarchie, tout ça. Si cela est encore possible, renforcez votre garde, et rejoignez la salle du Conseil : je vous y retrouve très bientôt.

- Et qu’est-ce qu’on annonce à la population, pendant ce temps-là ? Qu’on est en train de perdre notre capitale dans une bataille face à un gosse et sa clique ?

- Mais, monsieur, nous avons déjà perdu Haven Ville …
Ce sur quoi il raccrocha.
Alors qu’il terminait son rapport, une inquiétude bien plus préoccupante voilait ses pensées, lorsqu’il vérifia sa messagerie : si le Cube a été volé chez lui, cela veut dire que … Caballine !

Et aussi incroyable que cela puisse paraître, pendant que le centaure se prenait un savon, Holly et ses compagnons discutaient. Tous les trois. Avec une jeune humaine d’environ seize ans, à l’incroyable crinière blonde, légèrement bouclée, toute vêtue de blanc et dont le maquillage léger rehaussait la finesse des traits. Laquelle braquait toutefois un Glock de dernière génération au calibre plus que dissuasif sur l’infortuné génie. En effet, suite à la mystérieuse injection qu’elle lui avait fait, Artémis avait repris connaissance … enfin, Artémis, c’était beaucoup dire. Holly fut la première à prendre la parole, son Neutrino braqué sur son interlocutrice :

- Pour l’amour du ciel, Minerva, que faîtes-vous donc ici, en plein centre de la Terre ? Et qu’avez-vous donné à Artémis ?! Pourquoi le braquez-vous ainsi ?

- Rassurez-vous, rien qui menace sa santé, Major. Pas dans l’immédiat, tout du moins. Un simple cocktail d’adrénaline, pour le réveiller. Quant à la raison pour laquelle je le tiens en joue, c’est pour éviter que vous ne tentiez quoi que ce soit : au moindre geste brusque, nous perdrons toutes deux définitivement tout espoir de savoir si son cerveau avait des traits notables reflétant son intellect, si je puis m’exprimer ainsi. Enfin, ma présence ici-bas, c’est le cas de le dire, s’expliquerait plus aisément si nous étions assis confortablement au creux d’un divan, ne croyez-vous pas ?

- Veuillez faire excuse, gentes damoiselles, mais pourriez-vous me renseigner ? Où suis-je ? Artémis ne se souvient que de s’être endormi, sous sédatifs, auprès de personnel médical … Mais qui vois-je ? La ravissante Holly Short, dont faire l’éloge sans omissions me laisserait la gorge aussi sèche que le sable ondoyant du Sahara ? Et même la sublime Minerva Paradizo, dont la grâce n’a d’égal que le génie, si belle qu’elle m’en fait souffrir ? Que me vaut l’honneur de vos présences à mon chevet ? Oh, mais je vous vois venir : attendre mon rétablissement, en vous crêpant le chignon, au vu des récents éclats de voix, quelle délicate attention ! Même si je dois avouer que me réveiller en la bonne et charmante compagnie de deux magnifiques jouvencelles est un bonheur que je ne pensais pas découvrir de sitôt, bien que ce soit une expérience dont la félicité n’est pas pour me déplaire. Vous aurez toutefois l’obligeance de ne pas m’importuner avec votre jalousie mal placée.
Mais je manque à tous mes devoirs ! Comment vous portez-vous, Minerva ? Depuis combien de temps ne nous sommes pas revus, vous et moi ? C’est étrange, cela semble m’être sorti de la tête … En parlant de ma tête, voudriez-vous me faire la faveur d’en éloigner cette arme menaçante, s’il vous plait ? Eh bien quoi, parlez, je vous en prie ! Qu’aurais-je dit quoi que ce soit de disconvenant ?

La susnommée jeune fille, tout autant que l’elfe précédemment citée, voyaient surtout leur mâchoire inférieure imiter avec beaucoup de ressemblance celle d’un mineur nain s’apprêtant à creuser une galerie dont ils ont le secret. C’est à dire que, dans un silence assourdissant, les deux « jouvencelles », l’œil hagard et la bouche grande ouverte de consternation, tentaient bon gré mal gré d’assimiler la tirade du bouffon qui occupait le brancard et le corps du plus grand génie du mal de l’histoire. Leur réaction ne se fit pas attendre plus longtemps.

Holly couru vers Artémis, lui plaqua le canon de son arme sur le sternum, et tira un rayon incapacitant. Devant l’air atterré de Minerva, qui n’avait rien vu venir, se sentant tout à coup un peu idiote avec son arme : Holly aurait tout aussi bien pu la désarmer et l’assommer pour le compte. Tentant de se redonner contenance et de gagner du temps pour reprendre le contrôle de la situation, celle-ci s’adressa à Holly, affectant un air candide et innocent.
- Dites-moi, les françaises sont réputées pour leur caractère ardent, mais là je pense encore avoir pas mal à apprendre de vous. Vous réglez toutes vos querelles une arme la main, dans votre Peuple ?

- Non, mais ça résoudrait pas mal de problèmes, croyez-moi. En fait, je lui ai juste balancé une décharge pour le faire redevenir lui-même. L’histoire que je puisse gifler quelqu’un qui comprenne vraiment l’énormité de ce qu’il vient de dire.

- Mais que lui est-il donc arrivé pour être dans cet état ?

- Il a contracté une maladie mentale étrange, qui l’ai laissé affecté d’un trouble de personnalité multiple … et si ce n’était que cela ! Vous allez voir, il n’est guère en meilleure forme lorsqu’il revient à lui. Un instant déstabilisée, l’humaine s’inquiéta pour son congénère :

- Rien de trop grave, j’espère ?

- Pas si une psychose obsessionnelle vous semble négligeable, ma chère ; enfin, assez perdu de temps, Minerva. C’est vous qui êtes à l’origine de tout ce chaos ? Pouvez-vous me dire ce qui se passe, ou faudra-t-il que je me montre plus persuasive ?

- Je ne pense pas, Major, que vous saisissiez ce que vous êtes en train de faire. Ici, c’est moi qui dicte mes conditions. N’est-ce pas, chauffeur ?
Le véhicule redémarra alors. Un bruit de plastique froissé indiqua qu’il se frayait un chemin au milieu de l’embouteillage, puis prit de la vitesse. Holly, furieuse d’avoir été bernée aussi facilement, sauta sur l’une des portes battantes de l’ambulance, commença à se hisser sur le toit, pour rejoindre et maitriser le conducteur … mais elle reçut un violent coup d’électrotrique à la tempe, ce qui la fit lâcher prise et tomber, par terre comme dans l’inconscience. Un lutin se trouvait en effet là-haut, habillé d’un uniforme paramilitaire laissant dépasser ses ailes reptiliennes.

Pendant ce temps, le jeune homme s’éveillait en grognant. Pourquoi fallait-il à chaque fois qu’on l’électrocute ? Le stimuli ne pouvait-il pas être l’odeur alléchante d’un toast de caviar ? Vie de Merde. Sa comparse fit une remarque à voix haute :
- Eh bien, Artémis, je crois que nous avons eu chaud. Un peu plus, et Short faisait échouer votre « kidnapping ». Et puis lancer l’opération avec deux mois d’avance, quelle idée ! D’ailleurs, comment se fait-il que vous ne vous souveniez plus de nos entrevues, il y a trois semaines ?

- Orion, ma personnalité alternative, ne sait pas encore tout de moi. Il est encore en mon pouvoir de lui faire ignorer certaines choses. Mon PROJET, par exemple. Sinon, ne vous en faites pas : j’ai recalculé le plan, pour tenir compte des récents évènements. Cet imbécile de Turnball nous force à lancer l’offensive beaucoup trop tôt ! Jamais vu un trouble-fête pareil. Alors que je lançais seulement la première phase. Mais bon, nous allons faire avec. Tout se passe-t-il comme prévu ? M’avez-vous bien injecté le mélange que je vous avais confié ?

- Bien sur … mais de quoi s’agit-il ? Vous faites beaucoup de mystères, pour un planificateur. Mirscant voudrait bien savoir comment vous allez vous y prendre pour obtenir un tel bouleversement, et moi aussi. Oh, j’allais oublier : voici le Cube. J’ai vu quelques un de ses voyants s’allumer et s’éteindre, tout a l’heure. Rien d’anormal ?

- Combien de fois !? Heu, je veux dire, laissez-moi y jeter un coup d’œil … non, aucune panne apparente. Cela devait être l’indicateur de connexion, pendant le chargement du virus. Mais trêve de digressions : le QG des FARs est-il déjà tombé ? Et les cinq paraboles ? En place ?
Artémis s’autorisa une faction de seconde de rêverie … ahh, les mages et leurs pentacles … voilà qui me plait au plus haut point. Un symbole très ancien et mystérieux, mais foncièrement bon. Cinq sommets ! Une ligne brisée de cinq segments ! La perfection, c’est la magie ! La Quintessence de toute vie … la Quintessence ! Le cinquième élément mythique … Je suis décidément trop fort. Hum, enfin, si je me mets à faire des jeux de mots mentaux, cela risque surtout d’être une jubilation de courte durée. Retournons à notre affaire.

- Pas encore, mais les groupes 2 et 3 sont sur le coup. (3 et 2, très bonne association, tout ça. Minerva fait décidément un excellent travail … argh, mais ce n’est pas vrai ! Que son subconscient malade lui fiche un peu la paix ! ) D’ailleurs, à ce sujet, j’ai un doute quant à l’utilité de cette attaque. Ne devrions-nous pas nous concentrer sur …

- Mais faites-moi confiance, bon sang ! Lorsque je vous ai contacté pour vous attribuer le rôle de coordinatrice, n’avais-je pas été extrêmement clair sur les conditions de notre association ? Je planifie, vous orchestrez. Direction le Conseil, maintenant. Il est temps de … ohh.
Il prit sa tête par les mains, comme frappé par un bélier. Quelle plaie, vraiment, de devoir gérer une stratégie aussi ambitieuse, cette migraine, hélas bien nécessaire, mais aussi le Complexe, en même temps !
La maladie était d’ailleurs le véritable motif de la précipitation de son initiative : qui sait ce que lui réserve l’avenir, et quand il sera à nouveau apte à la conduire à nouveau … le plus tôt sera le mieux , et le temps presse. Le surdoué tenta tout de même de faire bonne figure, pour ne pas alarmer son associée :
Ne vous inquiétez pas ! Ce ne sont que les effets secondaires du remède. Je vais me rallonger un instant ; continuez vos communications avec les troupes, d’ici à ce que nous arrivions. Roh, j’avais oublié à quel point c’était douloureux !

- Artémis, vous n’êtes pas en état pour ce qui vous attend : il vous faudra être ferme et résolu, et rien ne vous permettra de surmonter ces problèmes ! Vous droguer avec je ne sais quel substance stimulante n’y changera rien.

Harassé, plus pâle que jamais, Artémis Fowl II esquissa l’ombre d’un sourire ; Un sourire très particulier, cependant. Celui qu’il réserve à qui touche du doigt le pot aux roses de son plan, et ne va pas tarder à halluciner peu de temps après.
- Mais qui vous parle de drogue ? dit-il faiblement, en faisant courir successivement sur ses cinq doigts, crispés par la douleur, une étincelle bleu vif.

PS : désolé de vous avoir fait poireauter sur la section RP, mais pour un motif que je garde secret, il me fallait a tout pris finir de rédiger ce chapitre avant d'avancer plus loin dans l'intrigue ... question de timing à synchroniser. J'espère que vous n'avez pas l'impression d'avoir perdu au change ! Je lancerais la suite du combat RP demain après midi, il est tard et j'ai encore a faire.


Dernière édition par Dr. Cumulus le Jeu 9 Fév - 20:26, édité 1 fois
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wafooch
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Jeu 9 Fév - 17:46

J'adore le titre!!!!!
Et, enfin, on retrouve notre vilain Arty<3 !
J'adore ton style, c'est vraiment une super histoire!!

Au fait, est-ce que j'ai bien compris: ceci est l'histoire du RPG, c'est ça?

Sinon, j'aime beaucoup l'intrigue!
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Dr. Cumulus
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Jeu 9 Fév - 18:23

En fait, c’est effectivement l'histoire des Héros " réguliers " de l'univers d'Artémis Fowl, qu'ils vivent en même temps que vous ... d'où la question essentielle de la synchronisation. Pour information, ce passage a lieu quelques minutes seulement après le début de l'alarme, donc pendant que vous faisiez connaissance dans le Mausolée, pour être exact.
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R.Fas
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Jeu 9 Fév - 19:52

Excellent !!
Magnifique !!
Merveilleux !!

Enfin j'aime beaucoup quoi. C'est réellement bien écrit !
Juste une question.

"D’ailleurs, comment se fait-il que vous ne vous soyez pas souvent de nos entrevues, il y a trois semaines ? "
Faute de frappe ?
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Dr. Cumulus
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Jeu 9 Fév - 20:25

Exact : erreur corrigée. Je voulais écrire : ne vous souveniez pas de ...
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Mlle Suspiria
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Jeu 9 Fév - 20:30

C'est trop génial pour que je trouve autre chose à dire que c'est trop génial...

...
*cherche autre chose à dire*
...

Faudrait que tu ailles publier ta fic sur Fanfic-FR. Comme ça on aura enfin un PAFien... et puis une fic sur AF dans le Grimoire de FFR. Parce que c'est vraiment du travail de génie.

_________________
<< T'es juste assez intelligent pour te rendre compte que tu l'es pas assez ; c'est déjà pas si mal. >>
~ J'aimerais pas crever un dimanche
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Dr. Cumulus
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Jeu 9 Fév - 23:29

Quand elle sera finie, pourquoi pas ... mais cela risque de prendre un certain temps : je n'en suis qu'aux premiers chapitres, et c’est presque un livre entier que je compte rédiger. Parce qu'ici, je peux encore modifier mes paragraphes ; une fois publiés, ce sera plus délicat.
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Mlle Suspiria
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Jeu 9 Fév - 23:41

Dr. Cumulus a écrit:
Parce qu'ici, je peux encore modifier mes paragraphes ; une fois publiés, ce sera plus délicat.

Pas spécialement... c'est juste un peu plus long.

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Dr. Cumulus
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MessageSujet: Re: Suite de la FanFiction du Dr. Cumulus   Sam 2 Fév - 1:57

Voilà enfin le chapitre 4 de ma FanFiction ... bonne lecture ! Smile
(chapitre 1 / chapitre 2 & 3)

Chapitre 4 : Face contre Terre

Le litho-bitume, décidément, ne sentait pas bon. Pas bon, du tout. Voilà, en substance, la teneur des transcendantes premières pensées d’Holly Short, à la sortie de sa léthargie. Les secondes, évidement, furent plus pertinente. D‘Arvit, jura-t-elle en silence : Artémis est encore le prisonnier d’un génie du Mal, et il va encore falloir que je l’en débarrasse …

- Foaly ? Ici Holly Short, je déclare le code d’alerte alpha valide : Artemis Fowl vient d’être enlevé, je répète, Artémis Fowl vient d’être enlevé par Minerva Paradizo. La jeune humaine semble avoir conclu un pacte avec des êtres féériques, une garde paramilitaire qui m’a incapacité et a kidnappé Fowl.
- Ma pauvre Holly, lui répondit l’équidé, cela fait bien longtemps que nous avons déclaré le code d’alerte alpha : le réseau a été intégralement piraté par un virus hors norme, qui a lui seul a provoqué ce chaos ; je m’apprête à rejoindre le Grand Conseil pour établir un plan de crise, mais c’est presque sans espoir … le Commandant Kelp a plus que probablement été … neutralisé.
- Baroud ? Mrhmm – je veux dire, le Commandant ? est-ce qu’il est … et ce que vous savez s’il est …
- Nous devons craindre le pire, mais rien ne filtre à son sujet ; nous avons perdu sa trace il y a presqu’un quart d’heure. Je suis désolé.
- … Je … Vous … Et vous, où êtes-vous ?
- Dans ma cellule de contrôle centralisée, au QG des FARs ; celui-ci est attaqué, mais les commandos de récupération maîtrisent la situation. Je vais avoir besoin d’aide pour sortir, Holly ; moi seul peux encore réparer le désastre, et pour cela il me faut aller convoquer le Grand Conseil de crise …
- Compris, Foaly ; j’arrive immédiatement.
- … Mais comment allez-vous faire ? Ces miliciens encerclent le bâtiment !
- J’improviserais ! Répondit-elle.

Et curieusement, à ces mots, son moral en berne se raviva : cela lui rappelait le bon temps, la période où Julius s’obstinait à lui dicter ses ordres, auxquels la bien nommée Tête Brûlée des FARs ne comptait plus le nombre de refus qu’elle avait opposé. Comme il lui manquait ! Et voilà qu’aujourd’hui, c’était le tour de … Non, ne pas se laisser déborder par l’émotion ! Elle aurait bien le temps de le pleurer plus tard … si l’issue de cette débâcle la lui permettait. Se noyant dans l’action, la jeune elfe décolla au moyen de ses ailes mécaniques, en direction du centre-ville. Droit vers le QG des FARs … Et droit vers la mêlée.

- J’improviserais !

Lorsque Foaly entendit sa pauvre protégée, d’une voix blanche, tenter de donner le change en se réfugiant derrière son devoir pour tenir bon, il ne put s’empêcher de craindre le pire. Dans des circonstances très similaires, après la mort de Julius Root, Holly avait foncé tête baissée dans le piège d’Opale, réchappant d’extrême justesse de l’explosion d’une biobombe, d’un emprisonnement avec une horde de trolls, d’une coulée de métal en fusion homérique et de l’explosion en vol d’une navette cavalant dans la fournaise. De longues heures pendant lesquelles il l’avait crû morte … Et pourtant, une bagatelle à coté de ce que Minerva avait visiblement l’intention de leur faire subir !
De fait, entendre son amie la plus chère prononcer ces quelques mots le fit réagir avec une extrême violence :

- SHORT ! Je vous interdis formellement de –
- « Vous êtes bien sur le répondeur de " Holly Short " ; je suis actuellement occupée à sauver ma vie et bien d’autres encore. S’il vous défoule de me laisser un message m’expliquant posément, ou non, à quel point je suis stupide et bornée de m’être fourrée dans un tel guêpier, faîtes-le après le tir de Neutrino … DZZZWOUVVV ! »

Levant les yeux au ciel, massant avec une rage contenue le mille-feuille de rides de soucis qui lui tenait lieu de front, le consultant murmura à voix basse : « Mais comment faisait Julius ? »

Minerva, suffocante, dévisageait, en proie à un silence forcé, le jeune homme au visage anguleux que de violents spasmes contribuaient encore à déformer. Les traits tirés à l’extrême, comme soulignés par ses cheveux plaqués en arrière, Artémis délirait. Et il y avait de quoi ! A côté de la mixture qu’il s’était inoculée, ce que son injection faite à une certaine vieille lutine recluse à Saïgon avait eu comme effet tenait lieu d’agréable thérapie homéopathique. Puis, à l’issue de minutes qui parurent interminables, les mouvements saccadés du génie se firent plus hésitants … moins vigoureux … exactement comme s’il étouffait. D’ailleurs, il ne respirait plus.
La jeune fille à son chevet, affolée et ne sachant que faire, posa les yeux sur une trousse de premiers secours. Dans une ambulance, a priori, quoi de plus normal ! A l’écran, son électrocardiogramme venait d’entamer un long, plaintif et strident bip continu ; il fallait faire vite. Dans sa précipitation, Minerva ne prêta pas attention à l’électroencéphalogramme. Mais peut-être valait-il mieux qu’elle ignore l’impensable : celui-ci était quasiment saturé, les pics d’activité si resserrés … qu’ils formaient une ligne continue, eux aussi. Une ligne continue, à une hauteur comparable à celles atteintes lorsqu’un centaure joue aux échecs.
Déconditionnant un défibrillateur, Minerva déchira la chemise immaculée mais froissée, fixa les électrodes sur le torse inanimé, attendit en se rongeant les sangs que la pleine charge du dispositif fut atteinte … et actionna sur le bouton destiné à sauver son coéquipier. Sans résultat. Elle réessaya, sans plus de chance dans ses tentatives … dont elle perdit le compte. En désespoir de cause, elle chargea une ultime fois l’appareil, pleurant à chaudes larmes sur la dépouille inanimée. Enfin, elle appuya sur le bouton.

Ou plutôt, tenta d’appuyer sur le bouton ; car quelque chose l’en empêcha. Quelque chose d’assez gênant, pour tout dire : le dispositif venait d’être désintégré sous ses yeux.

A des kilomètres de là, en plein centre-ville, l’enfer se déchaînait contre Holly Short, marchant à reculons vers la sortie du Centre opérationnel des FAR en couvrant la fuite d’un certain Centaure, lequel boitait et pestait sous l’assourdissant tir de barrage rouge vif de l’Interraciale.
- C’était quoi, déjà, le plan !?
- J’ai déjà parlé de plan, moi !? Je devais être ivre !
- Il existe plusieurs formes d’ivresse, répliqua Foaly, en se cabrant pour piétiner un gnôme ayant eu l’outrecuidance de tenter de faire du rodéo sur sa croupe, pour lui plaquer un chiffon sur le visage. L’ivresse de l’Altitude, – il se baissa pour esquiver la poutrelle métallique qui dépassait du plafond – l’ivresse de la Gloire, – puis trébucha en marchant dans le casque abandonné d’un combattant – l’ivresse du Désespoir, – en examinant son sabot endolori … l’ivresse de l’Am – aille ! – En effet, malencontreusement, Holly venait de lui marcher sur la queue.
Excédé et éreinté, l’équidé épris d’Esprit prit la mouche, douchant d’un chiche « Chenapan ! » le sourire, railleur d’ailleurs, de sa valeureuse équipière.
- C’est la dernière fois que je vais sur le terrain ! Votre idée de nous défenestrer pour échapper à nos ravisseurs, d’où la tenez-vous !?
- De Butler ! Je l’ai vu faire dans un hôtel à Munich, ça avait plutôt bien marché … sur un humanoïde. Et puis où voudriez-vous aller !? Même Haven n’est plus sûr !
Puis elle se retourna, pirouetta en prenant appui sur le garrot de Foaly comme sur un cheval … d’arçon, et foudroya d’une salve de son Neutrino des miliciens, qui s’écoulèrent, paralysés.
- D’ailleurs, je ne vois même pas pourquoi je me fatigue encore à me justifier, tu ne cesses jamais de râler ! Admet que si je n’avais pas utilisé mon détonateur sonique, jamais je n’aurais pu te sortir de ton bunker assiégé ! L’équipe de forage aurait eu raison de ta précieuse baie vitrée pare-balle en quelques minutes !
- Primo, ce n’est pas un bunker, c’est une cellule de contrôle autonome blindée ; secundo, je n’ai jamais demandé à en sortir au milieu d’un conclave de nains fouisseurs puants ; et tertio, vous avez bousillé tous mes écrans plasma, tous mes presse-papier en cristal ET mes écouteur stéréo ! Jamais je n’obtiendrais les budgets pour les remplacer !
La moue réprobatrice qu’esquissa alors le centaure tenait du grotesque, évoquant à la fois un hibou offusqué et un carlin choqué, ce qui dérida un peu la pauvre elfe. Comment pouvait-on être aussi génial et aussi stupide à la fois ? Le fil de sa réflexion fut toutefois interrompu par une clameur venue des rangs miliciens :
- Ecartez-vous ! Pas fichus d’attraper une mauviette de centaure et une minuscule elfette, non mais franchement … Je vais vous montrer, moi, comment se bat un gnôme, un vrai !
Et sur cette répartie faisant rougir Holly de fureur, d’être jugée inoffensive sur les seuls critères de sa petite taille et de son genre, Mirscant apparu dans la cour d’honneur du complexe, où les fuyards s’étaient frayés un chemin. Quel clown ! Il commençait à jouer avec ses doigts, a la manière d’un duelliste de western … Les scénaristes hollywoodiens avaient décidément une déplorable influence sur le Peuple. Holly dégaina, et fit feu sans même viser.

Ou plutôt, tenta de faire feu ; car quelque chose l’en empêcha. Quelque chose d’assez fâcheux : La désintégration soudaine de son arme. Un unique impact, orange vif, la cueilli à l’aine, et elle s’effondra au sol comme un château de cartes, vaincue.

Une main crispée sur sa poitrine, comme s’il enserrait encore les électrodes qui venaient de disparaître, Artémis s’était redressé. Des bips réguliers, quoiqu’un peu rapides, emplissaient l’ambulance qui continuait sa route vers le Centre Féérique des Communications, le CFC ; et Minerva, défaite, assistait à ce qui lui semblait être une véritable résurrection. Son esprit rationnel reprenant lentement le dessus, elle tâcha de retrouver contenance et dignité, alors que son acolyte, faisant apparaitre une cane de métal aux lignes épurées au creux de sa main, se relevait péniblement pour se diriger vers son homologue féminine.
- Comment ? coassa la jeune fille, des sanglots dans la voix. Comment as-tu … avez-vous fait ?
- J‘ai mis la Science au service de la Magie ; j’ai restauré mes aptitudes, et bien plus encore.
- Alors tout ... tout était calculé ?
- Statistiquement, je prévoyais de revenir à moi à votre quatrième impulsion ; d’ailleurs, si vous m’aviez administré la cinquième, je n’ose imaginer quel désastre cela aurait causé.
- … Vous êtes MALADE ! Vous auriez pu y rester !
- Je sais, oui ; mais j’ai survécu. Si je gagne, je suis un –
- Imbécile ! Epargnez-moi votre laïus, Artémis ! Je vous ai demandé comment vous avez réussi à vous rendre votre magie, et vous ne m’avez pas répondu !
A entendre la voix brisée de Minerva, il sut qu’il ne s’en tirerait pas si facilement ; articulant avec soin, et insérant de longues pauses dans son discours, il répondit :
- Eh bien, c’est en réalité assez simple : au lieu de restaurer la magie que j’avais volé … j’ai débridé le potentiel qui sommeille en chaque humain. Cette injection n’était là que pour en provoquer l’émergence ; et je te le promets : il n’y a aucun danger, ne t’inquiète pas. Tout est sous contrôle.
Mais peut-être sa très chaleureuse remarque, si incongrue dans son discours, n’aurait pas sonné si faux, si la mélopée envoutante du Mesmer ne transparaissait pas dans ces derniers mots.

La vue floue, Holly tenta d’aligner deux idées cohérentes : pourquoi son Neutrino avait-il disparu ? Et d’Arvit ! Comment faisait-elle pour rester éveillée suite à un tir incapacitant de cette ampleur !? L’évanouissement aurait été plus charitable, tant la douleur était intense ! Les nerfs en feu, paralysée et la tête sur le point d’exploser, la valeureuse agent des FARs fut entreposée, façon sac de riz, à l’arrière d’une fourgonnette pénitentiaire, où se trouvaient déjà plusieurs de ses collègues. Le bruit des sabots de Foaly suivit, non sans ses sempiternelles protestations. Soudain, la douleur n’eut plus aucune importance : au fond du véhicule, menotté et les épaules voutées, Baroud Kelp tentait de calmer ses subordonnés pour obtenir d’eux un bilan de la situation.
- S’il vous plait, un peu de silence ! Et Lili, par nos Ancêtres, arrêtez de pleurer une seconde, ça ne sert à rien : s’ils avaient voulu nous tuer, ce serait déjà fait depuis longtemps. Bien ; j’ai votre attention ?
- GwwwhouhïMwwhon’oMMenDen, bredouilla Holly, la bouche engourdie par le tir et … l’émotion.
- Holl – je veux dire, Major Short ? Vous aussi, ils vous ont eu ?
- GwwwhouhïMwwhon’oMMenDen, réitéra Holly, presque mécaniquement.
- Pardon ? Je n’ai pas compris ce que …
- … oui, mon Commandant. Répéta-t-elle, en articulant soigneusement, cette fois.
- … Vous vous sentez bien, Holly ? Son air défait s’était mué en inquiétude, focalisée sur elle.
- Oui mon Command – oui, Bard’, lui répondit-elle en rougissant jusqu’à la pointe des oreilles.
- C’est … c’est parfait, alors. Très bien, très bien … Hrmmm, fit il en s’éclaircissant la gorge, alors que le silence demandé, pesant comme une accusation, les environnait : tout le fourgon avait les yeux braqués sur eux.
Décontenancé, Baroud réenfila le masque du Commandant Kelp, et s’adressa à ses troupes en déroute :
- Mes frères ! Aujourd’hui, est un jour sombre pour notre Histoire : les Forces Armés de Régulation ont subi une lourde défaite … mais nous n’avons pas encore perdu la guerre ! Il est vital que nous réfléchissions à un plan, que nous établissions un camp –
(sans explication, Holly et Foaly explosèrent d’un rire nerveux, déstabilisant le pauvre Commandant, qui ne savait plus où se mettre)
- Mhrrr, je disais, que nous établissons une poche de résistance, où nous tiendrons une position, en attendant les renforts de l’Atlantide …
- Mais mon Commandant, la ville est bouclée ! Il n’y a aucune issue, aucune manière de nous venir en aide ! Quel soutient pouvons-nous espérer des Atlantes ?
- Ils viendront, faîtes-moi confiance ; ils viendront … Les troupes d’assaut atlantes, les « bleus » de Passe-Telle, et la Garde du Dauphin, ils libèreront la ville.
(Holly, relevant la tête dans une vaine tentative de reprendre son sérieux, croisait le regard de Foaly lorsque Baroud entamait son laïus ; et repris de plus belle son hoquet étouffé, les yeux exorbités par son fou-rire, tandis que son comparse hennissait littéralement.)
- … Il faudra que nous ayons une discussion, vous et moi. Seul à seul, dans mon bureau ; vous aussi, Foaly.
Réplique qui fut accueillie par l’hilarité générale.

Minerva, les yeux et les pensées dans le vague, contemplait son acolyte avec circonspection. Rendre la magie aux Hommes ? C’est inespéré ! Il fallait vraiment qu’elle le suive. D’ailleurs, ne lui avait-il pas promis qu’il maitrisait la situation ? Il fallait qu’elle se montre digne de sa confiance ! Que prévoyait le plan, déjà ?
- Et maintenant, ma chère, c’est à vous de jouer ! fit Artémis, se voulant encourageant.
Ah, oui ; il fallait qu’elle convainque le Peuple d’entrer en guerre ; en guerre pour la Surface. En guerre pour la Terre.
Redevenant aussi froidement déterminée qu’à l’accoutumée, elle réarrangea d’un bref mouvement de tête ses boucles blondes, essuya ses larmes et figea à nouveau son expression. Que lui avait conseillé Artémis, lorsqu’il lui avait expliqué la marche à suivre ? L'expression du Mal. Du Mal, mais aussi d'une haute intelligence. Et déterminée, ne pas oublier la détermination. Elle sorti un petit miroir de sa poche, retoucha son maquillage qui avait dégouliné … « C’est parti » murmura-t-elle, en sortant du véhicule.

Lorsque l’ambulance se gara, devant les marches du CFC, ce n’étaient pas deux complices qui en sortirent, accompagnés d’un chauffeur, mais une Maîtresse du Monde en devenir, flanquée de son otage et d’un homme de main. L’allure altière, elle fendit l’esplanade sans même se préoccuper du chaos ambiant, un Artémis défait et vouté lui emboitant le pas, régulièrement admonesté par le lutin, fermant la marche, qui plaquait le canon d’un étrange modèle de Neutrino dans son dos. Sur son passage, les miliciens de l’InterRaciale s’écartaient respectueusement, alors même qu’elle fonçait littéralement en direction de la salle du Conseil. Avec une majesté incontestable, elle arriva devant la dernière des portes blindées qui sectionnaient le bâtiment, au pied de laquelle un groupe commando stationnait, en compagnie d’un gobelin armé d’un énorme chalumeau et coiffé d’un casque d’aviateur en cuir, dont il avait rabattu les lunettes archaïques sur un long nez verdâtre.
- Enkore kinze sekondes, M’sieurs dames … Mademoiselle ! Dans sa voix, nasillarde et aigüe, l’excitation était palpable.
- Vas-y Flasky, c’est bon ! L’encouragea un elfe au regard matois, apparemment le responsable du détachement d’assaut. Oh, Mademoiselle Paradizo ! Vous êtes arrivés ; parfait, nous allions justement …
Dans une franche odeur d’ozone et de moquette en ébullition, accompagné d’un Clannnng ! sonore, le sas blindé venait de basculer vers l’intérieur du Saint des Saints : le couloir qui menait à la Salle du Conseil.
- A votre commandement, Miss ; Mirscant devrait arriver d’une minute à l’autre, mais –
- Alors allons-y immédiatement !
- Bien Miss … Vous avez entendu, les gars ? En avaaaaaaant ! Un garde sur chaque porte, chaque fenêtre, chaque conduit d'aération !
Alors que les miliciens s’engouffraient dans la brèche, évitant adroitement les bords ardents du trou découpé par le gobelin, et défonçaient la porte du bureau des Conseillers, Minerva prit la parole, d’une voix de stentor :
- Mesdames et Messieurs les Conseillers, bonjour. Veuillez éteindre s'il vous plait vos téléphones portables et vos appareils d'enregistrement pendant toute la durée de la représentation ; tout contrevenant sera ... sanctionné.

Le fourgon venait de s’arrêter. Alors que ce qui restait de l’état-major des FARs discutaient vainement stratégie, un modeste consultant équin réfléchissait à vive allure. S’il avait gardé le Cube C chez lui, et s’y trouvait toujours, comme le lui avait confirmé Caballine, lorsqu’il l’avait appelé sur son portable cellulaire … cela pouvait vouloir dire deux choses. Soit sa propre femme lui avait menti – impensable ! – ; soit … le Cube avait été recréé. La thèse de l’enlèvement d’Artémis par Minerva ne collait donc plus, car lui, et lui seul, aurait pu concevoir une nouvelle version de ce bijou de technologie. Pourtant, rien ne lui aurait permis de mettre la main sur cet accessoire, qu’il aurait reconstruit en Surface, sitôt sorti de leurs mésaventures avec Turnball Root ; et comme par hasard, Minerva trouvait, elle, un moyen de pénétrer, sans créer la moindre alerte, au cœur du royaume sous-terrain des Fées.
Oui, visiblement, ces deux-là étaient de mèche ; et les questions affluaient dans la tête. Pourquoi une telle mise en scène, suggérant à un kiddnaping, alors ? Pourquoi une alliance contre nature avec l’InterRaciale, connue pour sa haine anthropophobe ? Pourquoi prendre le risque d’assiéger Haven Ville, une entreprise plus que périlleuse ? Pourquoi le faire en décrétant l’Isolement, une mesure pouvant se retourner contre eux en les acculant ? Mais le « détail » qui le turlupinait le plus était : pourquoi nous laisser en vie ? Et comment se fait-il que les tirs ne fussent pas dirigés contre Holly et lui, comme pour les épargner ? D’ailleurs, quelle étrange arme avait pu utiliser Mirscant pour mettre Holly hors d’état de nuire, sans toutefois l’assommer ?
Interrompant le fil de ses pensées, il sortit avec les autres du fourgon : ils étaient devant le CFC. Étrange … Puis tout devint clair. Artémis et Minerva voulaient organiser une session extraordinaire du Grand Conseil ! Ils n’étaient pas choisis au hasard : chacun des occupants du fourgon avait des responsabilités au sein des FARs, et leurs présences étaient requises lors d’une réunion de crise de l’organe décideur de l’administration du Peuple. Voilà pourquoi attaquer Haven, pourquoi les garder en bonne santé ! Ce qui sous-entendait que les deux Bonshommes de Boue avaient décidé de se mêler de la politique du Peuple. Et connaissant Artémis, ça n’était vraiment pas une bonne nouvelle. Mis en parallèle avec le mystérieux PROJET du jeune Irlandais … Il voulait leur forcer la main ! Mais bien sûr !
Enfin, Foaly redescendit sous Terre. S’il gardait illégalement le Cube chez lui, à la portée du premier cambrioleur venu, alors il serait enfantin pour Artémis de se défendre en spéculant sur un simple vol ; et alors il aurait tout perdu. Sa réputation était déjà posée sur le billot ; mais il saborderait toute chance de se faire pardonner en arrangeant les choses, s’il se dénonçait comme seul coupable de cette nouvelle faille dans SON dispositif de sécurité. Ce fut, peut-être, ce qui acheva de le convaincre : comment, pourquoi, il n’en savait rien, mais c’était Artémis se cachait derrière cette machination. Le piéger ainsi, le bâillonner avec ses propres chaînes, c’était du Artémis tout craché.
« Oh, oui, mon trésor ! » fit-il à mi-voix, à l’adresse de sa femme, qui ne pouvait l’entendre ; « Tout est de la faute d’Artémis ; parce que sinon … cela veut dire que tu m’as trahi. Tout est de la faute d’Artémis … » Mais au fond de lui, il savait que, quand bien même Artémis aurait pu inventer les complots les plus retors de toute la Création … C’était Caballine qui avait le plus de chances de l’avoir trompé. Elle était sa plus grande faiblesse. Il fallait donc y … remédier. Un raisonnement s’enchaînant point par point, pour l’esprit malade d’un centaure atteint de mégalomanie paranoïaque, et refusant de regarder ses échecs en face. Comme cela tient à peu de choses, la Folie, parfois ! Elle suit les lois de la gravité. Il n'y a qu'à donner une légère pichenette !

Au cœur de la cohue qui régnait désormais au sein de la Salle du Conseil, où perçaient les imprécations démentes de Minerva et les protestations véhémentes des huit Anciens, Artémis tentait de rassembler ses forces. Pour l’heure, il restait dans le rôle de l’otage, mais tout cela allait vite changer ; il lui suffisait d’attendre le signal …
- Et c’est pour cela qu’il est urgent que le Peuple intervienne ! s’emporta la jeune Française. Dans trente ans, la Terre aura franchi le point de non-retour ! Si vous n’intervenez pas pour faire pression sur les gouvernements humains, aucun consensus ne sera trouvé ! Pour que le monde aille mal, nul besoin de faire le Mal ; il suffit de le pas faire le Bien !
- Vous les Êtres de Boue serrez toujours les même ! Vos seules solutions sont toujours la lutte armée, les morts inutiles, la désolation !
- NON, intervint Artémis. Souvenez-vous de ce que j’ai fait, de ce que je propose : intervenez en toute discrétion, changez les choses incognito !
- Aussi louable que soit votre tentative, Artémis, répliqua sèchement Minerva, c’est inutile : votre misérable Cube de Glace ne suffirait pas à faire se réfléchir le tiers des rayonnements du soleil excédentaire … Vous vous jetteriez seul dans un tonneau des Danaïdes. Alors qu’en lançant un ultimatum aux Etats Unis, à la Chine et à l’Europe –
- Malheureusement, je ne puis qu’être du même avis, jeune Homme, dit à son tour Cahartez, dans un silence curieusement apaisé ; sans compter l’éventualité d’être repéré par les Hommes, qui est beaucoup trop grande ! Non, ce PROJET est trop risqué …
- Dites-le : vous avez peur, réplica posément le Génie ; vous avez peur d’interagir à nouveau avec les Hommes, et c’est ce qui vous pousse à vous taire, à une table de négociation où vous auriez le pouvoir de faire changer les choses … sans user de violence.
- Et comment ? S’esclaffa le Président du Conseil, hilare. Comment, s’il ne fait pas insulte à votre légendaire intelligence de nous l’expliquer, compteriez-vous changer les choses ?
- Oui, comment, Artémis ? Renchéri sa complice, jouant son rôle avec beaucoup de talent.
- Imaginez que la communauté internationale prenne conscience de vos efforts pour sauver leur Terre, et obtenir des résultats probants ; que cherchera-t-elle en premier lieu à faire ?
- Nous exterminer ? fit en chœur l’assistance, InterRaciaux comme membres du gouvernement.
- Bien sûr que non ! On chercherait à obtenir votre aide. Avant même de se demander quoi faire de vous, on vous verrait une utilité presque miraculeuse. Vous apparaitriez d’un conte de Fées pour aider une Humanité en train de faillir ; vous deviendriez des héros. N’avez-vous donc jamais pensé à l’éventualité de faire la paix avec les Hommes ? Arrêtez de croire en la discorde, et espérez l’avènement d’une nouvelle ère !
Soudain animé d’une nouvelle énergie, le prisonnier se métamorphosait peu à peu en arbitre ; et en proposant des solutions concrètes, en alignant les mesures sages et prudentes, qui contrastaient avec les propos bellicistes de Minerva … Il commençait à convaincre l’assemblée.
Parfait, se dit Artémis. Tout se déroule selon le plan. Ne manque plus que …

La porte de la salle du Conseil s’ouvrit à ce moment précis : Lumbart Mirscant, en compagnie d’une trentaine d’agents des FARs, de deux fois leur nombre en miliciens et d’un centaure, vennait d’arriver dans l’arène.

- Voilà les résidus féériques que vous m’aviez chargé de rassembler, Mademoiselle Paradizo, tonna le gnôme tapageur.
- Excellent ; nous allons enfin pouvoir passer aux choses sérieuses. Afin de résumer très rapidement à vos intellects limités la situation, vous avez été convoqués pour prendre la décision d’entrer en guerre contre les Hommes. Il en va de votre devoir, pour sauver la Terre ! Les Êtres de Boue pillent, déséquilibrent, asservissent la Nature depuis assez longtemps comme cela.
- Ne tenez aucun compte du discours incohérent et des arguments fallacieux de cette folle ! Lança un conseiller. Même à genoux, le Peuple ne se rangera pas derrière un tyran fanatique !
- Allons, allons, du calme ! Tenta Artémis. Vous voulez la Paix ? Je vous l’offre. Vous voulez sauver la Terre ? Nous y arriverons. Mais tout cela n’est possible que si nous travaillons ensemble … N’est-ce pas le principe fondateur de votre lobbie, Mirscant ? N’est-ce pas une meilleure solution que de se résigner, Conseillers ? Commencez par déposer vos armes, et asseyons-nous autour d’une table de négoci –
- IL MENT ! Hurla Foaly, hors de lui. C’est lui de cerveau de toute cette histoire ! C’est lui qui a orchestré l’attaque informatique, lui encore qui a planifié ces attaques commando ! Il a chargé la gamine de prendre le mauvais rôle, pour pouvoir s’ériger en réconciliateur ! Même Mirscant est à sa botte … Ne vous laissez pas duper ! S’il veut vous manipuler pour faire de vous ses esclaves, c’est pour vous utiliser comme tremplin ! Avez-vous réellement cru à la possibilité d’un Artémis Fowl altruiste ?
- Avez-vous de preuves de ce que vous avancez, Foaly ? Vos allégations diffamatoires me semblent bien infondées … Moi qui tentait de me racheter, franchement, quelle confiance !
- Allons, Artémis … ne jouez pas au plus malin avec moi. Je ne crois pas aux coïncidences ; pas lorsque vous êtes dans l’équation ! La réapparition miraculeuse du Cube C, que seul vous savez faire fonctionner, ne peut être que votre fait. Rappelez-moi, ce fameux Code Eternité … C’est bien à vous qu’il obéi, non !?
- Bien sûr ; c’est pour cela que j’ai été enlevé, pauvre mule stupide !
- Alors comment expliquez-vous que l’attaque ait eu lieu … avant que vous ne soyez enlevé ? Il y a comme une erreur de timing dans votre magnifique plan ! Allons, cessez cette mascarade, jeune imbécile ; vous avez échoué … pauvre fou.

... La suite dans le topic de ma participation au concours V
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